Définition, pratique et mondes chamaniques
Un voyage chamanique est une technique ancestrale utilisée dans de nombreuses cultures pour entrer en contact avec le monde des esprits grâce à un état de transe induit par le tambour.
Beaucoup de personnes me demandent aussi comment faire un voyage chamanique. Dans les traditions chamaniques, ce processus repose toujours sur trois éléments :
- une intention claire
- un rythme répétitif (tambour ou hochet)
- un protocole sécurisé
Le voyage chamanique est probablement la base du travail chamanique. Riche de mes 30 années d’expérience et plus de 15 ans de transmission de cette technique, je vais vous accompagner pour une compréhension claire et simple de cet élément indissociable de la pratique chamanique.
L’animisme comme terreau du chamanisme
Comme je l’ai expliqué dans un autre de mes articles, il est déjà important de pouvoir bien discerner les différences qu’il y a entre animisme et chamanisme. L’animisme part du concept que tout est esprit, le rocher, l’arbre, la rivière… mais aussi ma maison, mon véhicule. Il est important de ne pas se restreindre à une vision romantique du concept et donc si tout est esprit, alors n’excluons personne ou plutôt aucun esprit de ce concept de base. Donc, nous pouvons individuellement avoir une vie empreinte d’animisme en respectant les arbres, en faisant une prière à la rivière, en déposant des offrandes dans un feu… à la manière de certaines sociétés traditionnelles qui font ça à merveille.
Le chamanisme, un outil de communication
Mais notre objectif est de comprendre le voyage chamanique donc notre réflexion se doit d’être plus précise. Le chamanisme induit le concept animisme que tout est esprit mais la différence est que dans le chamanisme, nous utilisons, nous recherchons un état de transe pour nous permettre d’entrer en contact avec ces esprits. Le chamanisme cherche l’interaction, la rencontre, l’échange, la communication avec le monde des esprits. Pour cette interaction, dans le chamanisme, nous utilisons l’état de transe que peut procurer différents outils pragmatiques. Un des plus répandu est l’utilisation d’un tambour ou plus largement d’un outil percussif capable de produire un rythme régulier, monotone en continu pendant au moins 15 minutes. En Mongolie, par exemple, on dit que le tambour est la monture du chamane, comme son cheval. Le tambour est la monture du chamane qui parcourt les grandes étendues des mondes invisibles.
Une méthodologie qui a fait ses preuves
Nous commençons à mieux comprendre la mécanique du voyage chamanique mais ce n’est pas en lisant la notice d’utilisation d’une formule 1 que vous saurez piloter un tel véhicule… Il faut se former auprès de personnes fiables, expérimentées et respecter les étapes d’apprentissage. Sinon, le danger est l’accident ! Je veux dire par là, qu’il ne suffit pas d’avoir un tambour et de taper dessus pendant 15 minutes pour pouvoir faire un voyage chamanique. Il y a des méthodologies, des protocoles précis qu’il est important de respecter pour ne pas prendre le risque d’un “accident”. Ces méthodologies sont transmises de générations en générations au sein de cultures traditionnelles les utilisant depuis la nuit des temps. Il est important de les respecter pour notre propre sécurité et aussi par respect pour ces sociétés. Si vous êtes intéressés par ces méthodologies, vous les retrouverez dans mes journées d’éveil chamanique ou certains de mes stages. Consultez mes évènements
Un voyage chamanique, pourquoi faire ?
Maintenant que nous avons pu éclaircir le fonctionnement du voyage chamanique, il est temps de se poser la question du pourquoi ? Pourquoi utiliser des outils adaptés, des protocoles sécurisés pour aller visiter le monde des esprits ? La réponse est multiple et dépend surtout de l’intention du praticien. Il est crucial de partir pour un voyage chamanique avec une intention précise. Cette intention est très large, cela peut être simplement de visiter, d’explorer ces mondes invisibles, de chercher une réponse à une question de notre vie quotidienne, de demander des conseils pour se libérer de certaines charges liées à notre vie moderne… Il n’y a pas de limite à ces intentions, à ces explorations.
Autre point important lors d’un voyage chamanique, c’est la durée de ce voyage. Un voyage chamanique n’est pas un rêve éveillé de 2h ou une méditation d’une heure. Lors d’un voyage chamanique, je pose une intention, j’utilise un outil comme le tambour et je vais faire ce que j’ai à faire en 15 à 30 minutes maximum.
Mais alors, quelles sont les différences entre la méditation et le voyage chamanique ?
C’est une question qui me revient régulièrement. Ces deux pratiques : la méditation et le voyage chamanique sont complémentaires mais différentes. Analysons cela ensemble. Pour faire court, je dirais que la méditation est masculine là où le voyage chamanique est féminin.
Lors d’une méditation, on va se concentrer sur la visualisation d’une divinité ou d’un mandala ou sur la respiration… Notre attention est focalisée sur un point et on fait de notre mieux pour y rester. Le voyage chamanique quant à lui, nous invite à accueillir l’ensemble de l’expérience que ce soit le visuel, l’auditif, le kinesthésique, olfactif… nous prenons tout en compte. Je vais partager avec vous une petite histoire qui explique bien cette différence.
Dans une tribu préhistorique, la fonction des hommes est souvent la chasse. Cet exemple est évidemment une simplification pédagogique. Les recherches en anthropologie montrent que les rôles dans les sociétés traditionnelles pouvaient être beaucoup plus variés selon les cultures… J’utilise malgré tout cet exemple en sachant pertinemment que ce n’est pas une règle absolue.
Donc, à l’époque préhistorique, la fonction des hommes est de chasser. Quand ils partent à la chasse, ils ne pensent qu’à ça ! la chasse ! Ils ne pensent pas à se laver, à manger, voire à dormir tant qu’ils n’ont pas réussi à capturer des proies. Nous, les hommes, en avons hérité la capacité de ne pouvoir faire qu’une chose à la fois, cette focalisation est donc, si on suit mon raisonnement, masculine. En même temps que les hommes sont parties à la chasse, les femmes, elles, doivent s’assurer que le feu est toujours actif, qu’il y a du bois pour tenir la nuit, qu’il faut de l’eau pour la tribu, quelles sont les plantes et les baies qui peuvent se cueillir en cette saison pour nourrir la communauté. On perçoit que les femmes en ont hérité la capacité à gérer plusieurs choses en même temps. Cette capacité de prendre en compte plusieurs éléments en même temps est donc une compétence qu’on peut définir de féminine.
Si nous revenons sur notre distinction méditation / voyage chamanique nous comprenons que ces deux méthodes sont très bien mais qu’elles ne fonctionnent pas de la même manière et qu’il n’y a pas de chamanisme méditatif comme il n’y a pas de méditation chamanique !
Je me rends compte que souvent les personnes ont cette facilité à simplifier les choses en associant le voyage chamanique à la méditation par simplicité plutôt que de chercher à bien comprendre ce qu’est le chamanisme et de lui laisser sa place entière et complète. Je crois dans un monde où la diversité est préservée et qu’elle puisse être vécue dans une richesse d’expériences qui nous élève plutôt que de tout réduire à des concepts acquis au travers d’un conditionnement réducteur. Sinon, à la fin, nous allons tous manger des burgers en buvant des sodas en parlant la même langue !
De quoi parle-t-on quand on parle de mondes invisibles ?
Lors d’un voyage chamanique, le praticien voyage en utilisant un outil comme le tambour, en respectant un protocole sécurisé et avec une intention ferme qui agit comme la boussole à bord d’un navire. Mais où va t-on ?
Toutes les cultures chamaniques à travers le monde ont cartographié ces mondes invisibles mais on retrouve pratiquement toujours une architecture de trois mondes. Un monde d’en bas, un monde du milieu et un monde d’en haut. En fonction des cultures il y a plus ou moins de mondes d’en haut, plus ou moins de monde d’en bas… Mais cette structure de 3 mondes est assez universelle. Allons maintenant explorer ces trois mondes chamaniques principaux et identifier leurs spécificités.
Le monde d’en bas est un monde inconditionnellement bienveillant. Ce monde est habité par des animaux sauvages qui sont tous inconditionnellement bienveillants. Cela ne veut pas dire que tout ce qui se passe est toujours facile mais on n’y trouve pas d’esprits “malveillants”. Ce monde d’en bas est le monde où 80% du travail chamanique est réalisé. C’est le monde de l’action, où on se retrousse les manches pour bosser.
Le monde du milieu est un monde qui n’est pas forcément bienveillant. Pour faire simple, on peut dire que ce monde est habité par la part invisible de la nature, de tout ce que nos sens peuvent percevoir. La part invisible du feu, la part invisible du vent, la part invisible de la rivière. On peut facilement comprendre que ce monde n’est pas forcément bienveillant car si on prend le feu par exemple. Il peut réchauffer votre repas ou brûler votre maison. C’est juste le feu. Il n’est ni bienveillant, ni malveillant par nature. Il faut juste l’aborder avec précautions.
Le monde d’en haut quant à lui est également inconditionnellement bienveillant et il est habité par des guides spirituels. Un monde plus ethéré où les messages, les échanges peuvent être plus symbolique, moins clair.
La bonne nouvelle est que nous avons tous un allié principal dans chacun de ces mondes.
Quel est mon animal totem ?
Lors de mon parcours, j’ai très souvent eu à répondre à cette question. Essayons, ensemble d’y voir plus clair. Il est crucial de commencer par le concept d’animal totem. C’est en grande partie une simplification moderne et New Age d’un concept mal compris. On retrouve cette notion d’animal totem dans certaines tribus amérindiennes mais pas partout et surtout, cette notion de totem, identifie un animal de clan, de tribu et en aucun cas, un esprit animal individuel. Donc, il est préférable et plus respectueux de parler d’animal allié, d’animal de pouvoir et de respecter les sociétés qui portent cette tradition.
Mais alors, de quoi parle-t-on quand on parle d’animal de pouvoir ou d’animal allié ?
Dans beaucoup de cultures chamaniques à travers le monde, on retrouve cette place primordiale de l’animal allié. Cet esprit d’animal a choisi d’être à nos côtés depuis notre naissance jusqu’à notre mort pour nous aider, répondre à nos questions… Dans certaines traditions, on dit qu’un être humain ne peut pas atteindre l’âge adulte s’ il perd sa connexion avec son animal allié. Donc, la bonne nouvelle, c’est qu’en lisant ces lignes vous êtes consciemment ou inconsciemment avec votre animal allié à vos côtés. Il est aussi beau de savoir que cet esprit d’animal fait le choix de venir à vos côtés durant votre vie. Rien ne l’oblige. Souvent nous entendons parler d’enfants qui sont en relation avec leur “meilleur ami invisible”. C’est cette connexion qu’ils vivent en toute simplicité. La biologie du corps fait que vers 8/9 ans, on s’en déconnecte. C’est ensuite à nous, individuellement de trouver les outils pour nous y reconnecter. Le voyage chamanique est un merveilleux outil permettant cette connexion en toute autonomie et en toute sécurité.
Un dernier point à ce sujet, ne laissez personne interpréter votre animal allié. Il est venu à vous et ce n’est que par le voyage chamanique répété que vous apprendrez à le connaître, son habitat, son caractère, ses fantaisies, son intensité. Personne d’autre que vous n’est en relation avec lui. Comme je le disais lors d’un article précédent, la voie du chamanisme est une voie d’autonomie, de liberté… Alors, ne laisser personne poser son conditionnement, son système symbolique sur votre expérience unique !
Pour faire simple, vous pouvez lire 50 livres sur moi, ça ne remplacera jamais un verre que nous pourrions partager ensemble.
En résumé
Le voyage chamanique est :
- une technique ancestrale pour communiquer avec le monde des esprits
- pratiquée grâce à l’état de transe et au tambour
- permettant de rencontrer les esprits en toute sécurité
Si cet article vous a interpellé d’une manière ou d’une autre, si le voyage chamanique et ses multiples applications vous appellent, je vous invite à jeter un oeil sur mes journées d’éveil chamaniques. Comprendre le voyage chamanique est une chose. Le vivre en est une autre.
Questions fréquentes sur le voyage chamanique
Un voyage chamanique dure généralement entre 15 et 30 minutes. Dans la plupart des traditions, le rythme du tambour accompagne le praticien pendant cette durée afin de maintenir l’état de transe nécessaire au voyage.
Oui, la plupart des traditions chamaniques considèrent que la capacité de voyager est naturelle chez l’être humain. Cependant, il est important d’apprendre la pratique dans un cadre sérieux et avec des protocoles clairs.
Oui, il est possible de pratiquer le voyage chamanique seul une fois que les bases et les protocoles de sécurité ont été correctement appris.
Le tambour chamanique produit un rythme régulier qui facilite l’entrée dans un état de conscience modifié, permettant l’exploration du monde des esprits.
La méditation repose souvent sur une concentration focalisée, tandis que le voyage chamanique consiste à explorer activement un monde spirituel en interaction avec des esprits et des alliés.